Il était une fois VMC : une verrerie du XXe siècle

Le site des VMC au début du XXe siècle
Le site des VMC au début du XXe siècle – Collection particulière

L’entreprise Verreries Mécaniques Champenoises est née en 1911. C’est alors une société anonyme au capital de 1 400 000 francs, composé en 14 000 actions de 100 francs chacune. Elle est constituée aux termes de deux Assemblées Générales constitutives (25 juillet et 3 août 1911).
En 1985, elle devient Verre Mouvement Création puis  VMC . On ne dit pas la VMC, ni les VMC mais simplement VMC.
Le siège social, les usines et bureaux sont installés route de Saint Brice aujourd’hui rue Pierre Maitre, à Reims (Marne).

Implantation des bâtiments
Implantation des bâtiments – Montage auteur à partir de Géoportail ®

Les Verreries Mécaniques Champenoises couvrent au début du XXe siècle 12 000 m², situés à 2 km de Reims, entre le chemin de fer Paris-Reims et le canal de la Marne à l’Aisne, auquel canal « elles sont reliées  directement par un petit chemin de fer Decauville et par un transbordeur aérien mû électriquement ».

Plan de localisation en 2020
Plan de localisation en 2020 – Montage auteur

Le Conseil d’Administration est composé d’un ensemble de riches bourgeois (propriétaires, industriels, notables) impliqués dans la modernisation et sensibles au progrès technique :
– le Président : Arthur Papon, Propriétaire à Gretz, Seine-et-Marne
et les autres membres :
– de CHANLAIRE Charles, docteur en droit, administrateur délégué de la compagnie du Chemin de fer de Wassy à Saint-Dizier, propriétaire à Wassy (Haute-Marne) ;
– baron Frédéric de KLOPSTEIN, à Vitry-le-François (Marne) ;
– PERROCHE Paul, docteur en Droit, ancien député de la Marne, maire de Outines (Marne) ;
– M CONVERT Jules-Benoit, ancien entrepreneur de travaux publics, propriétaire au Château de Meslay-le-Vidame (Eure-et-Loir) en tant qu’administrateur délégué.

La direction technique est assurée par l’industriel rémois Charles GERBAUD demeurant route de Saint-Brice à Reims.
Les commissaires aux comptes sont MM ROBINET Eugène, docteur en Droit, 16 rue Guilhem à Paris et CAMUS Henry-Louis, propriétaire à Donnemarie-en-Motois (Seine-et-Marne), commissaire suppléant [1].

La Société a prévu d’exploiter les machines brevetées Gerbaud. Les statuts précisent « Messieurs GERBAUD père et fils, spécialistes bien connus en France pour l’outillage de verrerie et de cristallerie, ont consacré depuis de nombreuses années leurs efforts à la recherche d’une méthode de fabrication du verre plus rapide, plus économique et en même temps plus moderne ».

L’invention du procédé Gerbaud devait remplacer le soufflage humain, très malsain car opéré à l’aide de la bouche. On pouvait aussi supprimer le travail de nuit et établir une « journée de travail effective de 10 heures » (nous sommes en 1911 !). Grâce à son emplacement, « la société peut déjà compter sur une importante clientèle non seulement à Paris mais encore en province et à l’étranger ». L’ouverture du canal de l’Aisne à la Marne en particulier le tronçon Berry-au-Bac-Reims mis en service en 1848 permettait l’arrivée de la houille du Nord à des prix convenables. Malgré la proximité des producteurs de vins de champagne, l’entreprise ne se lancera pas dans le flaconnage, spécialité de plusieurs autres verreries autour de Reims, en particulier la verrerie Charbonneaux édifiée en 1870 et qui continue à fonctionner en 2021, mais aussi à l’époque, les verreries de Loivre, La Neuvillette, Courcy.

Les Verreries Mécaniques Champenoises se spécialisent dans la gobelèterie en verre transparent (dit verre blanc).
La majeure partie de la production est consacrée aux récipients de conserves. La Société n’a aucun doute sur la facilité avec laquelle elle écoulera tous ses produits… Elle a fait construire dès l’ouverture 2 fours pour la fabrication de pots.
« Quant au personnel ouvrier, la fabrication mécanique du verre par les procédés Gerbaud n’exige ni main d’œuvre spéciale, ni main d’œuvre expérimentée et, par conséquent, n’oblige pas à recourir à des ouvriers de métier, ce qui est particulièrement important au point de vue salaires et recrutement » [2]. On a donc choisi le lieu pour sa situation et un bassin de main d’œuvre peu chère.


Sommaire du dossier, réalisé par Chantal Ravier, 2021 (en cours de mise en ligne)


  1. Statuts de la société ; Bibliothèque Carnegie de Reims RBG 1298[]
  2. Statuts de la société ; id[]