Questions de patrimoine

Le loto du patrimoine sauve une maison de maitre de forges à Rupt (Haute-Marne)
La maison de maître de forges à Rupt en Haute-Marne, près de Joinville, va être restaurée grâce à la mission Stéphane Bern 2021 – © Fondation du patrimoine_MyPhotoAgency_Nicolas Dohr

Une grande bâtisse de Haute-Marne en péril, située à Rupt, près de Joinville, a été sélectionnée par la mission Stéphane Bern pour l’édition 2021 du loto du patrimoine afin d’être restaurée. Il s’agit d’une maison de maître de forges.
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Alerte à Rethel : un patrimoine en péril
Le bâtiment Cayenne aujourd'hui
Le bâtiment Cayenne aujourd’hui – Cliché J-P Marby, 2021

Nous avons été alertés par l’annonce de la démolition d’une grande usine textile rethéloise, symbole des grandes heures de son éclat industriel entre 1850 et 1950. Jean-Pierre Marby à qui nous devons tant de belles pages sur les Ardennes et le rethélois nous rappelle la trajectoire de cette usine emblématique.
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Rethel toujours… Quid du site de l’ancienne cartonnerie Martin-Guillemin ?
La cour de l'usine Smurfit Kappa avec les anciens bâtiments à grandes baies vitrées
La cour de l’usine Smurfit Kappa avec les anciens bâtiments à grandes baies vitrées – Cliché J-P Marby, 2021

Le site historique de la cartonnerie Martin-Guillemin, situé au n°1 de la rue Hippolyte-Noiret, est en passe de ne plus être occupé par l’entreprise Smurfit Kappa Nord-Est qui avait conservé le site initial et s’est parallèlement installée sur la ZA Étoile Est.
Jean-Pierre Marby nous retrace l’histoire des manufacturiers et de cette filature-tissage qui avait été reconvertie en cartonnerie en 1951.
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Alerte à Fontaine-les-Grès : un patrimoine en péril

Le Familia avant sa destruction – Cliché J-L Humbert, 2009

Fontaine-les-Grès, le village industriel créé par la dynastie des Doré-Doré et surtout par le dernier du nom, André Doré voit son patrimoine menacé. Non seulement l’usine est fermée, mais aussi la salle des fêtes et l’emblématique « popote », à la fois pension pour célibataire et cantine, aux vastes espaces et à la belle décoration, ce qui se traduit par une dégradation rapide. Plus encore, la mairie vient de raser le « Familia », épicerie du type des Familistères rémois. Rien ou presque n’a subsisté. Le village perd petit à petit tout ce qui faisait sa particularité et son charme. C’est tout le patrimoine Doré qui est amputé et qui est en train de perdre son sens.


Alerte à Warmeriville : le dernier vestige des usines Harmel voué à la démolition

Structure de la toiture « shed » du bâtiment
Cliché A-M. Pocquet, 2020

L’usine Harmel était, selon la belle expression de Jean-Pierre Marby, un « béguinage industriel », unique en son genre. Complètement détruite pendant la Première guerre mondiale, puis reconstruite, elle a cessé de fonctionner en 1984, elle a été rasée en 2009 pour faire un parking.
Le seul vestige qui subsistait, un ancien atelier de tissage, est en péril et risque de disparaître lui aussi. Nous encourageons la société civile à s’organiser pour empêcher ce dernier acte de destruction.


L’indispensable sauvegarde du prestigieux atelier Simon-Marq : des nouvelles rassurantes


Vitrail de la cathédrale de Laon (détail). Représentation de la fuite en Égypte : la Vierge tend les bras pour prendre l’enfant

Novembre 2019 : Pierre-Emmanuel Taittinger et Philippe Varin annoncent leur acquisition de l’Atelier des maîtres-verriers Simon-Marq fermé après liquidation judiciaire pour le transférer au 9 rue de la Justice dans des locaux appartenant au groupe Taittinger. L’entreprise, véritable joyau du patrimoine rémois, quitte donc le bâtiment art déco de la rue Ponsardin, lieu intimement lié au travail, à l’Histoire de l’Atelier où les maîtres-verriers se sont installés en 1926.
Janvier 2020 : reprise du travail des maîtres verriers.
Mai 2020 : l’archevêché de Reims accepte de louer l’église du Sacré-Cœur, rue Ernest-Renan, à l’Atelier Simon-Marq. La location est sous la forme d’un bail emphytéotique, à un loyer symbolique.
L’archevêque de Reims Eric de Moulins-Beaufort s’exprime dans sa lettre aux paroissiens « Je leur ai proposé l’église du Sacré-Cœur. Dans le dispositif pastoral actuel, elle n’est que peu utilisée et nous peinons à l’entretenir. La fabrication de vitraux a un lien intrinsèque avec le développement de l’architecture religieuse dans notre pays tout particulièrement. Les Ateliers Simon-Marq ont réalisé des œuvres nombreuses pour des églises et pour notre cathédrale. Accueillir une telle activité dans une église n’est donc pas déshonorant pour celle-ci […] Pour les Ateliers Simon-Marq, l’église du Sacré-Cœur est un lieu idéal. Elle est bien construite, elle comporte deux verrières qu’ils ont réalisées dans les années 50, une ligne de bus la relie à la gare et à l’Opéra, rendant facile la venue de visiteurs. L’équipe des Ateliers compte en faire un musée vivant du vitrail ».

Reims Église du Sacré-Cœur – Cliché Aimelaime sous licence CC-BY-SA

Depuis 1640, douze générations ont su transmettre leur savoir-faire, faisant de l’atelier Simon-Marq l’une des plus anciennes entreprises de France. Dotés d’un savoir-faire enrichi par les apports de chacun depuis plus de 350 ans, les artisans de l’atelier Simon-Marq font, pour le travail des couleurs, perdurer des techniques traditionnelles telles que la gravure à l’acide ou la peinture à la grisaille, tout en innovant avec de nouvelles approches favorisées par l’évolution technologique.
C’est à cet Atelier que l’on doit, entre autres, le sauvetage en 1917 des vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Reims après les bombardements allemands.
À partir de 1957, Brigitte Simon et Charles Marq font entrer dans le patrimoine historique civil et religieux des vitraux d’artistes tels que Chagall, Braque, Miró… suivis de nos jours par François Rouan, David Tremlett, Imi Knoebel, Jean-Paul Agosti. L’atelier Simon-Marq restaure les vitraux anciens comme ceux de la cathédrale de Laon, en crée des contemporains comme à Villenauxe-la-Grande avec l’artiste David Tremlett, mais aussi des objets de décoration. Il est également spécialisé dans la mise en œuvre des procédures et des techniques de restauration validées par le laboratoire de recherche des Monuments Historiques.
L’atelier, détenteur du label « Entreprise du Patrimoine Vivant » depuis 2006 avait été racheté par le groupe Fort Royal en 2011.

  • Article rédigé par Chantal Ravier, février/mai 2020
  • Communiqué de presse de Pierre-Emmanuel Taittinger du 15 mai 2020, transmis par Jean-Pierre Marby avec l’autorisation du professeur Patrick Demouy qui suit l’affaire.