La Manufacture Royale de soie de San Leucio (1789)

Texte de Gregorio E. Rubino, Université de Naples “Federico II”
Trad. Gracia Dorel-Ferré

San Leucio - Le Belvédère
San Leucio – Cliché APIC, 2020

Colonie autonome, voulue et structurée en 1789 par Ferdinand IV de Bourbon qui lui octroie un “Édit de Bon Gouvernement” [1] , San Leucio, avant de devenir une propriété privée, fut la dernière manufacture de produits de luxe sur le modèle des manufactures royales françaises ou du Grand-duché de Toscane, créées au XVIII siècle pour répondre aux besoins de la Cour et des résidences royales. Après une longue période d’abandon, l’extraordinaire complexe architectural a été restauré avec des fonds européens et fait aujourd’hui partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

À l’origine, un pavillon de chasse pour le roi

L’ensemble documentaire qui subsiste nous permet de retracer assez précisément l’histoire du site et son évolution. La colline de San Leucio, près du Palais Royal de Caserta, tire son nom d’une ancienne chapelle du Moyen-Age. Au XVI siècle, le prince Andrea Matteo Acquaviva, conseiller d’État, agrandit et aménage le château féodal et construit, sur la colline de San Leucio le « Belvédère » – noyau original de la future manufacture de soie – que le notaire Francesco Guerra, dans un document de 1636, appelle “palais royal” du fait de l’agrément du lieu et des splendeurs architecturales d’une Renaissance tardive.

Plan de Caserta et alentours, 1826
Plan de Caserta et alentours – Aqueduc Carolino depuis la source du Fizzo jusqu’au Palais Royal de Caserta et les manufactures de soie de San Leucio, in F. Patturelli, Caserte et San Leucio, Naples 1826

Lorsqu’un siècle plus tard, le roi Charles de Bourbon acquiert le site, un nouvel état est dressé en 1755 par l’architecte Luigi Vanvitelli. À cette date, le Belvédère est en ruine. Pour agrandir la propriété, Charles acquiert, en 1756, le bois de San Vito, sur le Mont Tifata tandis que la Reine Amélie encourage les paysans de l’endroit à cultiver le mûrier : comme en France ou en Espagne, les souverains prennent des initiatives en vue de protéger les industries traditionnelles menacées par la compétition que leur livre le coton.

Héritier de son père et continuateur de son oeuvre, Ferdinand IV complète le domaine en 1773 par l’acquisition des territoires limitrophes de Monte Briano, San Silvestro et Monte Maiulo; il intègre San Leucio au parc royal, entoure la propriété d’un mur continu et commence la construction d’un pavillon de chasse (Casino Vecchio) sur le versant occidental de la colline. Il décide la création d’une Vaccheria, une laiterie sur le modèle du Petit Trianon de Versailles, qui sera ensuite transformée en fabrique de voiles et de bassous la direction du turinois Francesco Bruetti (1776); il met en route une première restructuration du Belvédère pour y loger les gardes et le garde-chasse. Il transforme alors le salon central de l’édifice de style Renaissance en église paroissiale de Saint Ferdinand Roi et il élargit le périmètre du mur d’enceinte en y incluant les nouvelles possessions (1774-76). En creusant sous les fondations du Casino Vecchio, le pavillon de chasse conçu par l’architecte Francesco Collecini, disciple et collaborateur de Vanvitelli pour la construction du Palais Royal de Caserta, on retrouve les traces de ce qui avait dû être, dans le passé, une église, mais cette découverte paraît de mauvais augure. En effet, peu après, le 17 décembre 1778, le fils aîné du Roi, Charles Titus, meurt, à l’âge de quatre ans. L’édifice est abandonné par les souverains. Les nouveaux travaux de restructuration du Belvédère, que l’on destinait à une résidence royale sont arrêtés. Pendant ce temps, la Vaccheria avait donné son nom à un quartier autonome, et était devenue une sorte de rendez-vous pour la chasse au sanglier. En 1787 l’endroit inspire le peintre de la cour Filippo Hackert au point qu’il en fait son arrière-plan, dans une  l’allégorie de l’État, vue à travers une agreste scène de moisson.

Manufacture royale de San Leucio (Caserta)
Manufacture royale de San Leucio (Caserta), complexe monumental du Belvédère, panorama. Au pied de la Manufacture, on discerne les rangées de maisons ouvrières – Coll. personnelle

L’émergence d’un projet exceptionnel

Suivent alors au Belvédère une dizaine d’années d’intense activité constructive qui voit non seulement l’aménagement des appartements royaux, mais aussi la mise en place de la manufacture de soie [2]. À la fin des travaux, l’édifice comprend dans sa partie postérieure un nouveau corps rectangulaire, conçu par Collecini autour d’une cour partiellement bordée de portiques, destinée à accueillir les diverses phases du travail. L’avant-corps, c’est-à-dire le vieux Belvédère restructuré, comprend au rez-de-chaussée l’église, les logements du curé et de l’instituteur, les locaux pour l’administration, les écoles, la salle de garde et les cuisines royales. À l’étage noble, on trouve l’appartement royal, décoré par les peintres Mariano Rossi, Fedele Fischetti et Filippo Hackert. De part et d’autre de l’édifice, deux terrasses ouvertes sur le panorama, sont jardinées et ornées de fontaines baroques. Au-delà, d’autres constructions adossées à la montagne, sont pour une part affectées à la suite royale et pour une autre part occupées par la manufacture. Ainsi émerge une sorte de château-fabrique qui concentre les fonctions de résidence royale, d’usine d’un genre nouveau, mais aussi des services tels que l’école et l’église, ouverts à la population. Celle-ci allait être de plus en plus nombreuse.

Entre 1780 et 1782, tout en aménageant le site, on accueille les familles spécialisées dans le traitement de l’organsin, qui vont travailler sous la houlette de deux maîtres venus de Messine et d’une magnanerie piémontaise. De 1783 à 1788 on installe enfin au Belvédère deux moulins à soie, mus par l’énergie hydraulique d’une dérivation de l’aqueduc et d’un rotor souterrain mis en place par le mécanicien florentin Paolo Scotti. On active les travaux de construction du quartier d’habitation de Saint Charles et de Saint Ferdinand, à l’intérieur du périmètre des murs. Ce sont ces différents édifices qui subsistent, globalement, aujourd’hui.

Aqueduc Carolino
Aqueduc Carolino – APIC, 2020

En 1789, paraît la première édition de l’Édit de Bon Gouvernement, et avec lui, commence la vie autonome de la Colonie de San Leucio, ou Manufacture Royale de soie. La particularité de cette création royale est d’avoir été, sans doute la seule en son temps, un terrain d’expérimentation des projets de pratique sociale qui avaient mûri dans la décennie précédente. En effet, les années 80 du XVIII siècle furent décisives pour les réformateurs napolitains. Il sembla alors possible d’appliquer et expérimenter quelques-unes des idées sociales les plus avancées des Lumières, associées à une réflexion architecturale d’un type nouveau [3]. Enfin, n’oublions pas que ces années seront aussi celles de la Révolution en France. Des mutations politiques successives devaient bouleverser le cadre institutionnel qui avait été  jusqu’alors celui des peuples européens.

Un projet mis à mal par l’invasion française

En 1789 la fabrique de San Leucio est complétée par le Casino di San Silvestro, une résidence sur le mont Briano qui n’est terminée qu’en 1801. Elle comprenait trois salles à l’étage noble, pour l’usage des souverains, et douze salles au rez-de-chaussée, ainsi que la cantine, avec jardins et potagers, dont un curieux clos en forme d’éventail. Non loin, le débouché de l’aqueduc servait au souverain pour le sport rustique et les activités champêtres. Là, surtout lorsqu’il avait des invités étrangers, Ferdinand réunissait les familles des colons pour leur offrir des spectacles folkloriques.

Les travaux continuent pendant les années 1790-98 : on commence la construction de la grande filature des Cyprès, et, hors du périmètre des murs et sur la route vers Caiazzo l’édifice de la Trattoria, l’auberge ; on construit à Aldifreda une première manufacture de lin, coton et chanvre. Ferdinand mûrit enfin l’idée de donner vie à une cité manufacturière, qui s’appellerait Ferdinandopoli et prévoit de déposer la première pierre le 18 septembre 1798. Mais comme les troupes françaises s’approchent de Rome, il fuit en Sicile. Une partie des habitants de San Leucio saccagent l’usine et abandonnent la colonie. L’occupation française de Naples, la proclamation de la “République Parthénopéenne” (1799) et les dissensions internes n’empêchent pas la colonie de se développer. La Municipalité se charge du site et passe un contrat avec les entrepreneurs piémontais Wallin et Maranda, marquant un tournant vers la gestion privée de l’entreprise. Au mois de juin de la même année, les troupes royalistes du Cardinal Fabrizio Ruffo (Intendant de Caserta et responsable de San Leucio de 1794 à 1798) reconquièrent le Royaume. La réaction qui accompagne le  retour de Ferdinand, commence.

Restitution axonométrique de la nouvelle cité de Ferdinandopoli
Restitution axonométrique de la nouvelle cité de Ferdinandopoli, selon la description de l’architecte Ferdinand Patturelli (Caserta et San Leucio, Naples, 1826). Il a été Conçu par Collecini, avec une forme radioconcentrique, selon l’axe de symétrie généré par le doublement du Belvédère. L’architecte avait prévu sur la place centrale une cathédrale et un théâtre (d’après F. Rino, San Leucio : ricostruzione e resti della città utopia, in “Utopie rilette della Napoli capitale ed ex capitale”, Napoli, Liguori, 1986). En trait foncé, les parties réalisées, qui subsistent encore aujourd’hui.

Le XIXe siècle s’ouvre pour la colonie sur un acte religieux : pour célébrer la reconquête du royaume on édifie, à la Vaccheria, l’église de Sainte Marie de Grâce. Commencés en 1801 par Collecini (mort en 1804), les travaux sont terminés en 1805 sous la direction de son collaborateur Giovanni Patturelli. Si l’intérieur de l’édifice montre une claire influence de Van Vitelliano, la façade extérieure avec ses arcs pointus anticipe de quelques trente ans le néogothique napolitain. Enfin, la peinture, commandée à Pierre Saja, pour le grand autel, est intéressante, car elle est une fidèle représentation en perspective du complexe du Belvédère de ce temps-là.

Ce fut une brève parenthèse, comme on sait, puisque la Grande Europe napoléonienne jette Naples dans une décennie d’occupation française (1806-1815) d’abord avec Joseph Bonaparte puis avec Joachim Murat. De profondes réformes administratives sont faites qui marquent la fin de l’expérience et du projet de la ville de Ferdinandopoli. Les français abolissent l’Édit et déclarent San Leucio commune autonome assujettie aux normes administratives en vigueur (1808). On dispose, pour cette époque, d’un dessin qui nous informe de façon détaillée de l’état  des lieux et des travaux réalisés jusqu’à cette date [4].

Expérimentation et utopie

Mais San Leucio n’est pas seulement une manufacture moderne, équipée des innovations technologies les plus en pointe, elle fut aussi, pendant les dix premières années de son existence (1789-1799), une extraordinaire utopie, comme il ressort du contenu de l’Édit et de la mise en place de la Colonie.

La foi dans le progrès scientifique et le thème romantique du retour aux origines, dans le but d’une refondation éthique et esthétique de la société, combinée à l’esprit philanthrope laïque et maçonnique et au paternalisme catholique, sont les ingrédients de la culture du temps qui nous aident à déchiffrer le projet de la  Manufacture royale de soie de San Leucio. Les présupposés  culturels furent clairement ceux des Lumières sur la fraternité et sur le progrès, qui découlent des théories de Rousseau et du mythe du Bon Sauvage : tous les hommes sont bons à l’origine, mais ils sont corrompus par la société et la lutte quotidienne pour l’existence. Affirmation fascinante et jamais démontrée !

Les logements ouvriers vus depuis le Belvédère
Ce qui a été effectivement construit et qui reste visible. Les logements ouvriers ne présentent aucune innovation notable dans leur conception, mais les ouvriers disposaient, dans les débuts de la Manufacture d’une grande quantité de services, dont une école, pour filles et garçons – Cliché APIC, 2020

C’est ainsi qu’un certain nombre d’artisans, connus et réputés, et des familles soigneusement choisies sont venus vivre derrière les murs qui entouraient la colline de San Leucio et ont formé une colonie autonome, régie par un code de lois morales comme dans la République de Platon. À ces privilégiés d’un nouveau type, il fut épargné la lutte pour la vie. Protégés par le souverain et exempts des impôts féodaux, ils obtinrent sans effort la maison, le travail et l’assistance sociale. De plus sous l’influence du sensualisme et du matérialisme anglais, on chercha pour eux un environnement naturel particulièrement agréable, un lieu pour vivre commode et un travail manuel qui ne requerrait pas un trop grand effort physique, la manufacture de la soie, où tout le monde, hommes et femmes, adultes et enfants pouvaient travailler. Le seul devoir en contrepartie de tant de bien-être : l’obéissance quotidienne aux règles morales et comportementales décrites dans le Code de Lois. Guidée par la raison et assistée par la morale, la colonie aurait ainsi procréé avec le temps d’autres générations d’individus sélectionnés par l’éthique, reconnaissants envers leur souverain et craignant Dieu et les lois. Ces nouveaux hommes auraient formé ensuite une colonie, puis une ville, Ferdinandopoli et enfin, une Nation, démontrant ainsi le bien-fondé de cette théorie et l’infaillibilité de la science. Tout cela se termina avec la République Parthénopéenne, et la Décennie française, quand l’ingrate colonie planta, non sans raisons, l’arbre de la liberté.

Tescione attribue la paternité occulte de l’initiative de Ferdinand à l’impact des “philosophes éclairés” napolitains, en particulier aux idées de Gaetano Filangieri, avocat et majordome du roi, mort en 1788, et il rappelle que le Code fut clairement attribué en 1863 par l’abbé Guglielmo De Cesare au maçon Antonio Planelli da Bitonto. Il est vrai que les réformateurs accueillirent la nouveauté avec enthousiasme et beaucoup émirent le vœu, dans leurs écrits, que les principes du code fussent étendus à tout le royaume. Parmi les commentateurs, Battisti voit dans San Leucio une expérience sociale et économique faite du sommet vers la base, à partir d’un “contrat social” alors que Battaglini fait une interprétation de type socialiste et met l’accent sur une sorte de planification économique et productive du territoire napolitain sur la base des postulats des Lumières, filtrées au travers des idées propres à Ferdinand. Dans tous les cas, l’originalité du Code de San Leucio auquel fut ajouté à la fin du XVIII siècle un “Règlement” d’usine, fait de cette colonie napolitaine un cas tout à fait exceptionnel dans le panorama de l’Europe éclairée et force l’attention de tous quant à la conservation et la valorisation du site [5].

Un XIXe siècle éclatant

Les années de la Restauration représentent le vrai décollage de la Manufacture en tant qu’usine moderne. Elles sont marquées par la présence d’un administrateur d’État d’une grande valeur  morale et professionnelle, Antonio Sancio, responsable de San Leucio de 1820 à 1845, année de sa mort et auteur d’un ouvrage documenté sur les biens de la colonie (vers 1830). L’architecte Patturelli fut le collaborateur le plus assidu de Sancio, de 1820 à 1824, période pendant laquelle il continua les travaux au Belvédère et à la filature des Cyprès, qu’il dota d’une grande roue hydraulique.

Les installations dans l'actuel musée de la soie
Les installations dans l’actuel musée de la soie – Cliché APIC, 2020

Sancio introduit la machine à lisser et le métier Jacquard et met en route une nouvelle manufacture de coton et de chanvre à la Vaccheria. En 1826, la fabrique est donnée en adjudication à De Welz et Baracco, mais elle retourne à la gestion directe de 1828 à 1843, pour être ensuite louée à l’industriel de laine Raffaele Sava jusqu’en 1862. C’est encore Sancio, enfin, qui fait mettre sur son socle, en 1824, la statue de Ferdinand IV en habit de colonisateur romain. En 1850 le complexe de San Leucio est visité par le Pape Pie IX.

Au bout des cinq premières années du règne de François Ier (1825-1830), l’appartement royal est à nouveau restauré, au Belvédère, de même que le “monument gothique” et le “pavillon des délices” avec son petit jardin et ses cascades d’eau, aujourd’hui pratiquement tout en ruines.

Avec l’Unité italienne, San Leucio est agrégé initialement à la commune de Caserta, puis est déclarée commune autonome. En 1868, la manufacture appartient à une société d’entrepreneurs; en 1883 elle passe entre les mains de la société “Offritelli e Pascal” et en 1902 elle devient l’usine de soie de San Leucio, qui ferme en 1910. Entre-temps, l’exemple de la colonie avait encouragé la création de nouvelles filatures de soie à San Leucio. La plus grande d’entre elles était à vapeur, et employait 280 personnes, avec 2800 fuseaux et un moteur hydraulique de 10 chevaux, pendant que le tissage était pratiqué dans l’établissement de San Leucio, avec 230 artisans, parmi lesquels 30 enfants, qui travaillaient autour de 140 métiers Jacquard. Le Belvédère est occupé par les militaires durant la Grande Guerrequi occasionnent de nombreux dégâts. En 1920 il est loué à la famille De Negri, la plus ancienne de la Colonie. La décennie 1919-1929 représente l’apogée de l’industrie de la soie à Caserta, avec 87 usines, 12 moulinages, 3 filatures, 5 teintureries, 55 tissages à main et 4 mécaniques.

Pendant le dernier conflit, l’établissement est de nouveau réquisitionné pour des fins militaires, avec de nouveaux dégâts. Cela n’empêchera pas la reprise de l’activité productive, jusqu’aux années 60 du XX siècle, ce qui explique, encore aujourd’hui, la présence à San Leucio d’un certain nombre de petites et moyennes entreprises de prestige international.

Conclusion

La restauration monumentale du Belvédère devait abriter une structure muséale qui aurait présenté trois secteurs thématiques distincts : les Bourbons, l’histoire du complexe architectural, la manufacture de soie, pour lesquels a été rassemblée toute la documentation nécessaire. Les premiers pas d’une collaboration avaient été esquissés avec le Consortium local des entreprises de soie, héritières de la tradition de San Leucio. Tout cela date de dix ans maintenant, et rien encore n’a été fait, alors que le complexe monumental, en partie inaccessible au public et vide de toute signification, sert de décor, ponctuellement, à des cérémonies privées et des fêtes populaires. La maintenance des deux moulins à soie pose aussi problème : ils avaient été reconstruits par le musée à partir de la documentation originale existante et on peut les faire fonctionner, en particulier lors de séquences scolaires. Encore faut-il assurer leur entretien.

Tout au contraire, on envisage ces jours-ci de délocaliser les entreprises de soie restantes dans de nouveaux districts industriels, avec pour conséquence l’abandon complet du site historique et les prévisibles spéculations sur les espaces abandonnés. Authentique manifeste de l’époque de Lumières, San Leucio vit aujourd’hui les contre-coups de la globalisation et de la dégradation culturelle, dans le plus assourdissant silence de la part des politiques et de l’Europe.


Bibliographie essentielle

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