SYVALTRI OU LES AUTOROUTES DU TRI DES RECYCLABLES
Les camions-bennes et les semi-remorques provenant de la Marne, la Haute-Marne et la Meuse sont d’abord identifiés et pesés à l’entrée puis à la sortie du Centre, afin de mesurer la masse de déchets à traiter.
On reconnaît sur la photo la couleur dominante des sacs jaunes contenant les emballages plastiques et les papiers et cartons destinés au tri.
Les déchets sont entreposés dans les alvéoles au fur et à mesure de leur arrivée.
Un premier contrôle visuel permet d’écarter les indésirables les plus grossiers tels que moteurs, carcasses métalliques etc.
Lorsqu’on arrive dans cette zone, nous sommes aussitôt saisis par la forte odeur de poubelle…
Le conducteur d’engin vide peu à peu les alvéoles en transférant les déchets dans une trémie reliée au premier tapis roulant.
Le mouvement est continu, 9 tonnes de déchets sont embarquées par heure.
Les sacs sont déchirés par une roue dentée.
On est au début du process mécanique de tri qui évalue leur taille ou granulométrie, leur forme, leur matière, par des procédés qui n’ont cessé de se perfectionner.
Tout d’abord, les matières sont dirigées vers deux « trommels » qui sont des cylindres rotatifs dont les trous de différentes tailles permettent de séparer les petits emballages des plus gros.
Les plus volumineux dont la taille est > 350 mm vont vers le tri manuel puis sont conditionnés en balles (on les voit à la fin du process).
Les déchets de granulométrie < 350 mm sont triés et dirigés vers un second trommel ; celui-ci va affiner le tri en distinguant trois tailles d’emballages et de papiers.
Ensuite, passage sur des plaques en mouvement : les objets en 3D tels que les bouteilles, les briques alimentaires rebondissent et sont éjectées vers un premier tapis.
Tandis que les objets plats en 2D (papiers, films plastiques) restent plaqués et sortent sur un deuxième tapis. D’où l’intérêt de ne pas trop écraser les bouteilles lors du tri chez soi !
Les matières les plus légères (films plastiques, sachets…) sont aspirés et rejoignent un tapis de tri optique alors que les papiers et cartons se dirigent vers un autre tapis (vidéo ci après).
Le tri optique est très performant car il peut aussi identifier la nature du plastique et séparer les objets (PET, PEHD, polystyrène…)
Les emballages métalliques passent sous un puissant aimant (cf ci-contre) qui va séparer les objets en acier tels que les aérosols qui seront ensuite pressés en paquets de 20 kg avant le recyclage.
Plus loin, deux machines à « courant de Foucault » émettent un champ magnétique qui a pour effet de séparer les objets en aluminium, les gros d’un côté (canettes, conserves…), les petits de l’autre (dosettes café, plaquettes de médicaments…)
Avant la mise sous presse, les objets triés subissent un dernier contrôle manuel.
Sur 8 tapis roulants de tri, des employés vérifient et corrigent ce qui a échappé aux machines dont la qualité oscille entre 85 et 95%.
Les déchets mal orientés repartent en début de chaîne.
Nous avons observé de nombreux travailleurs intérimaires. Ils changent régulièrement de poste afin d’éviter la lassitude…
Après ce dernier contrôle manuel, chacune des matières est pressée en balles, puis stockée en attendant de partir pour le recyclage… Cette compression en paquets réguliers facilite leur empilement et donc leur transport par camions.
LA FABRICATION DE MATIÈRES PREMIÈRES… SECONDAIRES
D’après ce diagramme, le Syvalom de La Veuve trie principalement les cartons (47 % du volume en 2023), les plastiques représentent 16 %. Les refus de tri représentent près de 20 %. Mais on verra qu’ils ne sont pas perdus car ils partent vers l’incinération et la production d’énergie…
Surtout, toutes ces matières triées sont valorisées c’est-à-dire qu’elles sont recyclées, elles entrent dans un nouveau cycle de production : il s’agit donc de matières premières secondaires, intégrées dans une économie dite « circulaire ».
DU TRI AU RECYCLAGE : QUI S’EN CHARGE ?
La carte présentée ci-après souligne que les entreprises chargées du recyclage, clientes du Syvalom, se situent pour la plupart dans la région Grand Est, comme les papeteries des Vosges, ou même au-delà, jusqu’aux aciéries de Dunkerque ou en Allemagne.
Ce qui indique que le Syvalom tire avantage de sa position géographique centrale et s’intègre bien dans le tissu économique régional voire européen.
Les autres recyclables comme les barquettes, pots de yaourts, blisters, sachets aluminisés (type chips), tubes de dentifrice, berlingots de lessive sont compressés et acheminés par camions vers le Centre de sur-tri d’Épinal spécialisé dans l’optimisation du tri.














