Questions de patrimoine

L’indispensable sauvegarde du prestigieux atelier Simon-Marq : des nouvelles rassurantes



Vitrail de la cathédrale de Laon (détail). Représentation de la fuite en Égypte : la Vierge tend les bras pour prendre l’enfant

Novembre 2019 : Pierre-Emmanuel Taittinger et Philippe Varin annoncent leur acquisition de l’Atelier des maîtres-verriers Simon-Marq fermé après liquidation judiciaire pour le transférer au 9 rue de la Justice dans des locaux appartenant au groupe Taittinger. L’entreprise, véritable joyau du patrimoine rémois, quitte donc le bâtiment art déco de la rue Ponsardin, lieu intimement lié au travail, à l’Histoire de l’Atelier où les maîtres-verriers se sont installés en 1926.
Janvier 2020 : reprise du travail des maîtres verriers.
Mai 2020 : l’archevêché de Reims accepte de louer l’église du Sacré-Cœur, rue Ernest-Renan, à l’Atelier Simon-Marq. La location est sous la forme d’un bail emphytéotique, à un loyer symbolique.
L’archevêque de Reims Eric de Moulins-Beaufort s’exprime dans sa lettre aux paroissiens « Je leur ai proposé l’église du Sacré-Cœur. Dans le dispositif pastoral actuel, elle n’est que peu utilisée et nous peinons à l’entretenir. La fabrication de vitraux a un lien intrinsèque avec le développement de l’architecture religieuse dans notre pays tout particulièrement. Les Ateliers Simon-Marq ont réalisé des œuvres nombreuses pour des églises et pour notre cathédrale. Accueillir une telle activité dans une église n’est donc pas déshonorant pour celle-ci […] Pour les Ateliers Simon-Marq, l’église du Sacré-Cœur est un lieu idéal. Elle est bien construite, elle comporte deux verrières qu’ils ont réalisées dans les années 50, une ligne de bus la relie à la gare et à l’Opéra, rendant facile la venue de visiteurs. L’équipe des Ateliers compte en faire un musée vivant du vitrail ».

Reims Église du Sacré-Cœur – Cliché Aimelaime sous licence CC-BY-SA

Depuis 1640, douze générations ont su transmettre leur savoir-faire, faisant de l’atelier Simon-Marq l’une des plus anciennes entreprises de France. Dotés d’un savoir-faire enrichi par les apports de chacun depuis plus de 350 ans, les artisans de l’atelier Simon-Marq font, pour le travail des couleurs, perdurer des techniques traditionnelles telles que la gravure à l’acide ou la peinture à la grisaille, tout en innovant avec de nouvelles approches favorisées par l’évolution technologique.
C’est à cet Atelier que l’on doit, entre autres, le sauvetage en 1917 des vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Reims après les bombardements allemands.
À partir de 1957, Brigitte Simon et Charles Marq font entrer dans le patrimoine historique civil et religieux des vitraux d’artistes tels que Chagall, Braque, Miró… suivis de nos jours par François Rouan, David Tremlett, Imi Knoebel, Jean-Paul Agosti. L’atelier Simon-Marq restaure les vitraux anciens comme ceux de la cathédrale de Laon, en crée des contemporains comme à Villenauxe-la-Grande avec l’artiste David Tremlett, mais aussi des objets de décoration. Il est également spécialisé dans la mise en œuvre des procédures et des techniques de restauration validées par le laboratoire de recherche des Monuments Historiques.
L’atelier, détenteur du label « Entreprise du Patrimoine Vivant » depuis 2006 avait été racheté par le groupe Fort Royal en 2011.

  • Article rédigé par Chantal Ravier, février/mai 2020
  • Communiqué de presse de Pierre-Emmanuel Taittinger du 15 mai 2020, transmis par Jean-Pierre Marby avec l’autorisation du professeur Patrick Demouy qui suit l’affaire.